Qu’est-ce que l’Altiplano ?

Ce sont des plaines d’altitude, situées au cœur de la cordillère des Andes, qui s’étendent sur quatre pays (Argentine, Chili, Pérou et surtout Bolivie), où l’on découvre sur près de 1500 km des déserts de sel, des lagunes multicolores, des volcans et des geysers soufrés. C’est la plus haute région habitée au monde avec une altitude moyenne de 3300 mètres.

Le parc national de Sajama et les volcans du Lipez en Bolivie, le désert d’Atacama et les parcs nationaux Lauca et Vicuñas au Chili, les vallées Calchaquies d’Argentine, le lac Titicaca entre Pérou et Bolivie : les hauts lieux de l’altiplano faisaient partie de l’empire Inca.

Dans ce foyer d’activité volcanique et géothermique, les terres regorgent de minéraux qui confèrent aux paysages et aux lacs toute une gamme de couleurs surnaturelles.
Ce mélange d’écosystèmes délicats et hors du temps alterne étendues désertes et vie foisonnante, où les paysages, odeurs et bruits semblent venir d’un autre monde.

Un territoire volcanique et des geysers actifs

Le Chili est l’une des régions les plus sismiques de la planète. Il fait partie de la fameuse « Ceinture de feu », zone de l´océan Pacifique où se rencontrent les plaques de Nazca et sud-américaine.
Leur collision donna naissance à de très nombreux volcans : on en dénombre pas moins de 3000 dans les Andes chiliennes, du plus petit cône de cendre jusqu´aux gigantesques volcans aux cratères de plusieurs kilomètres de diamètre.
500 de ces volcans sont considérés comme géologiquement actifs (15 % de la totalité des volcans actifs de la planète…). Cette chaîne volcanique est la plus longue du monde et compte le volcan le plus haut de la planète : le « Ojos del salado » qui culmine à 6891 mètres au Chili.

Les mouvements de ces deux plaques provoquent de fréquents tremblements de terre au Chili. Le 22 mai 1960, le sud du pays fut victime du tremblement de terre considéré comme étant le « top one » des séismes enregistrés sur la planète : 9.5 sur l’échelle de Richter. Ce mouvement tellurique fut si puissant que certaines montagnes s´écroulèrent, de nouveaux lacs apparurent et un tsunami traversa le Pacifique et provoqua des dégâts considérables jusqu´aux côtes hawaïennes, japonaises et philippines…

A 90 km de San Pedro de Atacama au Chili, se trouve le plus grand champ de geysers de tout l’hémisphère sud : les geysers d’El Tatio. Ce site ressemble à une gigantesque marmite : l’eau jaillit ici et là, formant quelque 80 somptueuses cheminées de vapeur pouvant atteindre 10 mètres et 85°C.
Cette curiosité géologique se découvre le mieux au petit matin, lorsque l’eau se change en vapeur au-dessus d’un sol encore givré (il gèle parfois jusqu’à -20°), parsemé de sources d’eau limpide.
A seulement 30 km de San Pedro, se situent les eaux thermales de Puritama. Ces eaux baignent une profonde gorge rocheuse et contiennent divers minéraux qui aident à soulager les rhumatismes.

Un paysage lagunaire et des lacs à couper le souffle

Ces lacs doivent leur coloration rouge, vert, émeraude, améthyste ou bleu ciel à la présence de phytoplancton qui réagit à la lumière du soleil.
La couleur rouge de la Laguna Colorada est due à la présence de plantes microscopiques servant de nourriture aux flamants roses.
La Laguna Blanca détient quant à elle une forte concentration de sel et de sulfate tandis que la Laguna Verde possède du calcium et du cuivre et devient de plus en plus verte en présence de vent. Elles se trouvent toutes trois en Bolivie.

Le lac Titicaca ainsi que le lac Poopó et les salars (déserts de sel d’Uyuni et de Coipasa en Bolivie, salar d’Atacama et de Surire au Chili, Salinas grandes et salar d’Arizaro en Argentine) sont les restes d’une fabuleuse mer intérieure datant du début du quaternaire.
Ces lacs (appelés par les chercheurs boliviens Minchín et Ballivián) recouvraient la plus grande partie de l’altiplano andin où l’on trouve encore nombre de trilobites fossilisés.

Le lac Titicaca…

Plus qu’un nom qui évoque nos rêves d’enfance, un véritable symbole de l’Amérique du sud. Carrefour des plus anciennes civilisations amérindiennes, lieu de passage de grands destins historiques, le lac Titicaca a depuis toujours exercé un grand pouvoir de fascination sur les voyageurs et les conquérants.
Il s’inscrit dans un cadre grandiose, entre le Pérou et ses mystères et la barrière de la Cordillère Royale, suite ininterrompue de sommets enneigés de plus de 6000 mètres, située en Bolivie.

Des déserts envoûtants

Au Chili, se trouve le désert le plus aride au monde : le désert d’Atacama, qui évoque avec justesse une aridité absolue, un ciel bleu imperturbable et une chaleur écrasante. Tenu à l´écart des brises océaniques par la cordillère de Domeyko à l´ouest, alors qu’à l´est, la cordillère pré-altiplanique l´isole de la fonte des glaciers andins, cette région ne reçoit quasiment aucune précipitation.
Oasis, étendues de sel, formations rocheuses, volcans, geysers… : la diversité et la beauté des paysages est sans limites.

A l’ouest du département de Potosí en Bolivie, se trouve le salar d’Uyuni, le plus grand désert de sel au monde avec une surface de 10200 km2.
De cette immense surface dure comme du roc, située à 3668 mètres d’altitude, émergent quelques « îles » peuplées de cactus géants, comme l’île d’Incahuasi, preuve que la vie est possible dans cet environnement des plus austères.
L’épaisseur de la croute de sel peut varier entre 2 et 120 mètres. Le sel qui en est extrait sert pour la consommation interne de la Bolivie. Pendant l’été (la saison des pluies), une fine couche d’eau transforme le salar en un miroir, le plus gigantesque de la planète !
La présence du salar est due à l’évaporation des eaux de l’ancien lac Minchín, laissant sur son passage de profondes couches calcaires, ainsi qu’une quantité importante de sédiments et de minéraux.

Des vallées désertiques mais sculptées

De profondes gorges, aux noms évocateurs, entaillent le désert d’Atacama (Chili).
Parmi elles, la Vallée de la Lune, déclarée en 1982 « Sanctuaire de la nature » : un sanctuaire désertique fait d’immenses dunes de sables, collines et crêtes qui se sont formées au fil du temps. Cette vallée est sacrée pour les quechuas qui l’appellent « Ischigualasto » ou « endroit où se pose la lune ».
La Vallée de la Mort est le lieu idéal pour admirer les ombres et les couleurs changeantes de ces étranges formations rocheuses que les vents ont façonnées dans ces vallées, comme les célèbres « Tres Marias ».
On se croirait presque sur une autre planète. Des scientifiques y ont même testé des prototypes de robots destinés à aller sur Mars.

De multiples richesses minières

Au Chili, les mines sont exploitées de deux manières différentes : il existe des mines souterraines (comme celle d’El Teniente, la plus grande, avec plus de 2000 km de galeries) et des mines à ciel ouvert. Ces dernières sont probablement les plus célèbres au monde, les plus photogéniques, car les plus gigantesques et spectaculaires.
Propriété de la Codelco, compagnie détenue à 100% par l’Etat, la mine de Chuquicamata, à proximité de la ville de Calama, est la plus grande mine à ciel ouvert du monde.
Fierté du pays, « Chuqui », comme on la surnomme familièrement, avait été exploitée avant la colonisation hispanique. Développée intensément dès la première moitié du XXe siècle, elle présente aujourd’hui un immense cratère elliptique de 8 km², profond jusqu’à près d’un kilomètre.
Exploité sept jours sur sept, nuit et jour, ce gouffre spectaculaire emploie des milliers d’ouvriers, de mécaniciens, d’ingénieurs, pour produire plus de 600.000 tonnes de cuivre par an. Les mines sont creusées à l’explosif.

La ville de Pulacayo située en Bolivie était au XIXe siècle la mine d’argent la plus importante du pays, aujourd’hui ce n’est plus qu’une ville fantôme.
Tout comme la ville de Potosi où se trouve encore aujourd’hui une mine d’argent.
Les Espagnols furent les premiers à extraire le minerai, dès 1545 au pied du Cerro Rico, faisant des milliers de morts en raison de conditions d’exploitation précaires.

Le salar d’Uyuni possède les plus grandes réserves de lithium du monde. Le lithium, métal léger, intervient dans la construction spatiale et aéronautique, l’électronique et la pharmacie. Les réserves enfouies dans la partie sud du salar sont estimées, par une mission de l’IRD (Institut de recherche et de développement, ex-ORSTOM), à quatre millions de tonnes. Une gigantesque cagnotte pour les générations futures ! (le lithium est le principal composant des batteries électriques).